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Eric en incubateur Supplémentation au doigt Eric au sein Un bébé qui perd du poids inquiète, à juste titre, la mère et les professionnels en maternité. On pense très souvent que la mère n’a pas assez de lait. Des compléments de lait industriel, souvent donnés au biberon, sont introduits et la poursuite de l’allaitement parfois menacée. Le cas concret suivant montre une façon différente de gérer la situation. Mme R. a deux enfants qu’elle a allaités. Elle a donné naissance à Eric à 36 semaines de gestation. Il pesait 2930 g. Après un court contact avec sa mère, il a été placé en incubateur pendant 2 heures 30, sa température corporelle était un peu basse, malgré les demandes répétées de sa mère qui proposait de le prendre en peau à peau pour le réchauffer. Il n’y a pas eu de tétée en salle de naissance et l’enfant s’est endormi dans son incubateur. Pendant la journée, la mère a essayé de proposer le sein régulièrement, en repérant les signes d’éveil, mais sans succès : Eric est très endormi, entrouvre à peine la bouche et ne tète pas. La première tétée (enfin ce qui s’approche le mieux d’une tétée) sera réalisée 11 heures après la naissance. La prise du sein est douloureuse, le bébé prend pas en bouche suffisamment de mamelon indique la mère. Lors des deux et troisièmes journées, la mère appelle Charlotte Bodeven, qui est en déplacement. Celle-ci, lui propose, par téléphone, de tirer à la main 8 fois par 24 heures 1 à 2 cuillérées de colostrum et d’en nourrir l’enfant. Malheureusement, sans démonstration à l’appui, la mère n’y arrive pas. L’équipe propose avec insistance des compléments. Eric pèse maintenant 2600 g et sa perte de poids approche des 10 %. On menace la mère de transférer son enfant en néonatalogie. Sur les indications téléphoniques de la consultante, la mère demande un tire-lait électrique, tire son lait pour que les compléments donnés soient le plus souvent possible du lait maternel. Il n’est pas possible d’obtenir un tire-lait double pompe et la mère commente avec humour « le tire-lait simple, c’est pompant ! ». A la sortie de maternité, la consultante rencontre la mère. Elle vérifie la conformation de la bouche du bébé. Tout est parfait, l’enfant a juste du mal à ouvrir grand la bouche ce qui mettra un peu de temps à s’améliorer. Elle équipe la mère d’un tire-lait double pompe. Les compléments de lait industriel sont totalement abandonnés. Elle suggère de proposer à Eric (qui est toujours très endormi) 8 tétées par 24 heures, en repérant les signes d’éveil. Il est ensuite complété avec le lait tiré à l’issue de la tétée précédente. La mère a beaucoup de mal à suivre le rythme des 8 tirages quotidiens préconisés, voire même des 6 nécessaires mais le volume tiré augmente régulièrement (20 à 30 ml à J5 jusqu’à 60-90 ml après 8 jours de tirage régulier) et le bébé reprend bien du poids. La mère tire son lait 4 à 5 fois par jour pendant 10 jours et complète les 8 tétées minimum quotidiennes (proposées à l’initiative de la mère car bébé dort encore beaucoup). Les tétées sont complétées au doigt-sonde quand Eric ne prend pas le sein et au sein-sonde quand il veut bien téter. Eric reprend son poids de naissance à 2 semaines A ce moment-là, il a repris des forces et tète plus vigoureusement. Du jour au lendemain, il réclame beaucoup plus souvent et la mère n’a pas le temps d’effectuer le moindre tirage. Le lait est totalement pris à la source et la prise de poids continue régulièrement dans les jours qui suivent. Pour gérer cette situation, nous avons utilisé les textes suivants :
Première de couverture Sur le terrain, l’idée qu’une mère peut manquer de lait est très répandue. Du côté des fervents défenseurs de l’allaitement, on entend dire « que toutes les femmes peuvent produire du lait ». Qu’en est-il exactement ? Les « vrais » manque de lait n’ont pas inspiré les auteurs jusqu’à ces dernières années. Il y avait tant à faire afin de réduire les « faux » manques de lait, liés à une mauvaise gestion de l’allaitement. Un livre sur le sujet vient de voir le jour « Making more milk » (Diana West IBCLC et Lisa Marasco IBCLC) qui fait le point des connaissances sur le sujet. Pour plus d’informations, voir le site entièrement consacré à ce thème et la page de présentation du livre :
La synthèse la plus documentée, que nous ayons trouvée sur le manque de lait se trouve dans le livre Breastfeeding Management for the Clinician. Using the Evidence. Pour télécharger cette synthèse en français cliquer ici.
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