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Le réseau périnatal du Val de Mauldre, rassemble des professionnels de santé de la partie nord du département des Yvelines. Après avoir travaillé sur l’accueil de la femme enceinte, le réseau avait souhaité se pencher sur l’allaitement. Lors d’une conférence, le 11 mars dernier, Charlotte Bodeven présentait à un public nombreux, les différentes conduites à tenir lorsqu’un enfant allaité ne prend pas de poids. La soirée s’est terminée autour d’un sympathique repas.
Au moment des fêtes, les professionnelles qui accompagnent les mères qui allaitent se voient poser beaucoup de questions sur les boissons alcoolisées. Certaines souhaiteraient prendre un verre de champagne pour fêter la nouvelle année mais se le voient déconseiller avec la dernière des énergies. Lors de fêtes de familles, c’est l’occasion pour le maître de maison, de sortir un grand cru, dont chacun appréciera les arômes «avec modération» (difficile de faire autrement vu le prix de la bouteille…). La mère qui allaite doit-elle s’exclure de la dégustation ? Nous avons même vu à la télévision, des professionnelles prendre position contre un alcootest permettant d’évaluer le taux d’alcool du lait maternel http://www.mamanana.com rubrique accessoires, sous prétexte que « les mères allaient en profiter ! » Nous ne partageons pas cet avis. La plupart des mères se soucient de l’impact que peut avoir leur absorption d’alcool sur leur enfant. Les mères souffrant d’addiction à l’alcool devront être adressées à leur médecin. Elles ne devraient pas allaiter et auront besoin d’une aide spécialisée. Que savons-nous des effets de l’alcool. L’alcool passe dans le lait maternel. La vitesse du passage variera en fonction du poids de la mère, de sa masse adipeuse. Si la prise d’alcool se fait lors d’un repas, les niveaux les plus élevés d’alcool se trouveront
dans le sang 60 à 90 minutes après la prise. Si la mère est à jeun, cela ira plus vite 30 à 60 minutes environ.
L’alcool a un impact sur les hormones de la lactation. Quand le bébé tète, il se produit un pic de prolactine. Après ingestion d’alcool, ce pic de prolactine sera plus élevé. Les mères indiquent qu’elles sentent leurs
seins «plus pleins». Par contre, la réponse de l’ocytocine sera moins efficace et l’éjection du lait sera ralentie. Dans une étude, les enfants obtenaient 20 à 27 % de moins de lait dans les 4 heures qui suivaient la prise d’un jus
d’orange auquel on avait ajouté de l’alcool (comparé à des mères qui avait bu un simple jus d’orange). Ensuite pendant les huit à seize heures qui suivaient, les enfants se rattrapaient et tétaient plus fréquemment.
Dans les années précédant cette étude, les chercheurs avaient voulu savoir si cette prise moindre de lait était due à une répugnance des enfants pour le lait alcoolisé. Pas du tout ! Les bébés apprécient le goût de l’alcool dans
le lait !!! Ils présentent des épisodes de succion plus énergique et absorbent plus de lait quand on leur présente un biberon de lait alcoolisé.
Une étude a montré que l’absorption d’alcool, même faible, avait un impact sur le sommeil du bébé ; il s’endormait certes plus facilement mais se réveillait aussi plus rapidement.
L’alcool a également un léger effet sur le développement moteur des enfants dont les mères consomment régulièrement de l’alcool, de façon modérée ou importante (quantité d’alcool contenue dans 2 boissons ou
plus).
En conclusion, voici ce que recommande l’ILCA dans son Guide Clinique pour l’Etablissement d’un Allaitement Exclusif
http://www.lactitude.com/text/Guide_ILCA.html « L’alcool (bière, vin, liqueur) passe facilement dans le lait humain. Un verre occasionnel est considéré sans danger. Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer le niveau minimum d’alcool qui pourrait avoir des effets négatifs chez les mères qui allaitent et les enfants. » Publicité mensongère ! Autre temps, autres recommandations, dans son livre, La Puériculture Pratique, 1913, le Dr Variot recommande jusqu’à 1 litre ½ de bière ! Effectivement, la bière comporte un composant, l’orge, qui fait fortement s’élever la prolactine, une heure après sa prise. Mais cet effet ne dure guère et il faudrait un tonneau de bière tous les jours pour maintenir un taux de prolactine élevé dans le sang. Il y a bien d’autres choses à faire… Nous en parlerons dans de prochaines Actualités. En savoir plus sur bière et allaitement : cliquer ici
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