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Mamelon irrité Les consultations de Charlotte Bodeven s’enchaînent et se ressemblent. Nous allons essayer de synthétiser toutes ces rencontres en une rencontre-type que nous analyserons. « Diane est une mère qui souhaiterait allaiter. Le premier jour, son bébé, Jules, est dormeur. Sa mère est plutôt en forme et attend qu’il s’éveille, mais cela n’arrive pas trop souvent ce premier jour. Le lendemain, c’est l’inverse et particulièrement le soir. Mais Diane voit arriver les tétées avec angoisse tant elle a mal aux mamelons. De plus, le poids de Jules chute… Il a tendance à s’endormir au sein après quelques succions. On suggère à la mère de stimuler son enfant, de lui gratter les pieds par exemple... Puis comme ces manœuvres ne donnent rien, il est proposé à la mère de donner un complément. Celui-ci fait se redresser la courbe de poids. La mère et l’enfant peuvent sortir de maternité. Les selles de l’enfant sont un peu verdâtres. Jules, lui, a la mine un peu jaune. Les compléments continuent à être donnés car Jules n’est toujours pas plus acharné sur le sein. » Charlotte retrouve les mères, qui ont vécu cette situation, quelques temps plus tard (cela va de quelques jours à plusieurs semaines après la sortie de maternité). Toutes voudraient se défaire de leurs compléments, repasser en lactation complète, allaiter confortablement pour celles qui ont mal au sein et /ou des crevasses. Décryptons la situation de départ… Jules avant - mauvaise prise du sein Les bébés sont somnolents le premier jour. L’information à donner à la mère est celle des signes d’éveil ; il ne faut pas attendre la fameuse « demande » car certains enfants ne demanderont pas et se mettront en mode économie d’énergie. Ce jour-là, c’est également le moment d’indiquer à la mère comment mettre son bébé au sein. Il est important de le lui FAIRE FAIRE, la soignante mimant la méthode avec un poupon. La consultante a constaté qu’il fallait environ 3 jours pour qu’une mère « branche » son enfant au bon moment, lorsque celui-ci a la bouche grande ouverte. Les séjours en maternité étant très courts, il est suggéré dans le Guide Clinique de l’ILCA que cet accompagnement soit fait dans les 8 heures qui suivent la naissance, puis vérifié dans les 8 heures suivantes. Si cette prise du sein n’est pas adéquate et profonde, la mère aura les mamelons irrités par les gencives de l’enfant (crevasses en demi-lune) ou par la langue (irritation du bout du mamelon). Jules après - bonne prise du sein L’enfant, lui n’obtient que peu de lait.
Jack Newman indique que les enfants apprécient de recevoir rapidement une belle quantité de lait. Si l’enfant n’obtient pas de lait, il est frustré. Certains s’énervent, sont tout le temps au sein. Ensuite, ils se réfugient dans le sommeil après trois succions. La mère indique « mon bébé est fatigué », d’autres sont déjà catalogués comme « fainéants ». Le grattage des pieds et toutes les manœuvres de ce type se sont révélées inefficaces, par contre un biberon dont le lait coule aisément « réveillera » aisément ces bébés. La mère pensera qu’elle n’a donc pas assez de lait. Le colostrum est un puissant laxatif. Si l’enfant n’en reçoit pas, le méconium mettra beaucoup de temps à s’éliminer. Le méconium est l’endroit où est stockée la bilirubine. En l’absence d’évacuation rapide, la bilirubine est réabsorbée dans la circulation sanguine et l’enfant jaunit. La mère elle, sous la poussée hormonale, lance sa lactation et certaines s’engorgent faute de prélèvement, c’est la fameuse « montée de lait » ; puis si le lait n’est pas prélevé, la lactation va diminuer. Passé le premier mois, il est bien plus difficile de relancer une lactation qui n’a pas pris un bon départ. Et nous retrouvons des mères à production réduite et des enfants qui ne grossissent qu’à l’aide de compléments tout cela faute d’un « branchement » efficace de l’enfant au sein. Cet apprentissage, qui doit être fait durant le séjour en maternité, pourrait éviter bien des difficultés aux mères. Nous envisagerons le mois prochain, la méthodologie de la consultation pour relance de lactation.
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